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Dyslexie, dysphasie et autres Dys

Publié le 16 mai 2019
Dyslexie

Les troubles Dys, comme la dyslexie, sont des troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Ils concernent de 6 à 8 % de la population, soit plus de 4 millions de personnes en France, enfants et adultes confondus, sans toutefois que ces troubles, souvent handicapants, soient toujours diagnostiqués.

Qu’on soit enseignant, parent, employeur, collègue ou amis, à un moment ou un autre de notre vie, nous avons croisé ou nous croiserons des personnes porteuses de trouble Dys.

C’est pourquoi nous estimons important de contribuer aux actions de sensibilisation et d’information menées par le Pôle Santé, Sécurité et Ergonomie de l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France à partir d’un questionnement concret : comment accueillir et intégrer dans les formations des jeunes rencontrant des troubles Dys ?

Le texte synthétique, rédigé par le Pôle, que nous vous invitons à découvrir ci-dessous, est une première approche que vous pourrez utilement compléter grâce aux liens vers le site internet de la FFDYS – Fédération Française des Dys.

Les troubles Dys : que repérer ? comment compenser ?

En Occitanie, depuis 2015, un formateur a été missionné pour assurer la fonction de référent handicap. Après avoir suivi un cycle de formation sur les handicaps, Le référent handicap a conduit l’établissement à se questionner sur sa capacité d’accueil et d’intégration des jeunes rencontrant des troubles Dys.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit de troubles cognitifs, neuro-développementaux et spécifiques. Du fait du dysfonctionnement d’une ou plusieurs fonctions cognitives, la personne porteuse de trouble Dys peut se retrouver en situation de handicap, car limitée dans la réalisation de ses activités, alors que par ailleurs elle possède des compétences et une efficience intellectuelle globale dans la norme.

Ces dysfonctionnements provoquent des troubles d’apprentissage qui apparaissent au cours du développement de l’enfant et persistent à l’âge adulte. Mal pris en compte, ils peuvent faire passer la personne d’une difficulté spécifique à un échec généralisé.

Ils peuvent engendrer une perte de confiance en soi, une baisse de l’estime de soi et de la motivation, des troubles psychologiques (anxiété, dépression) ainsi que des troubles du comportement. Les aménagements bien pensés, en fonction des troubles, lors des situations de travail ou d’apprentissage, peuvent éviter l’entrée dans ce cercle vicieux.

Comment faire ?

Il s’agit dans un premier temps de (re)connaitre l’existence de ces troubles dont voici un synoptique :

 

  Difficultés à repérerLes compensations

Dysphasie

Troubles de l’acquisition du langage oral

Problèmes d’élocution, déformation des mots, phrases incomplètes, discours fragmentés, manque de précision, compréhension partielle…

Environnement calme, éviter l’implicite, vérifier la compréhension, donner un résumé, valoriser, mettre en confiance, utiliser des illustrations…

Dyspraxie

Troubles de l’acquisition de la coordination motrice

Grande désorganisation, maladresse, mauvaise coordination, lenteur, difficulté de lecture, de prise de notes…

Aider à l’organisation, éviter les doubles taches, limiter écriture manuelle, évaluer à l’oral, préférer les cahiers aux classeurs…

Dyslexie

Troubles de l’apprentissage de la lecture

Lenteur pour lire, difficulté de compréhension, à mémoriser, lire les mots réguliers, inversion des sons, mauvais déchiffrage, sauts de lignes…

Adapter les supports écrits (police Arial, Calibri, taille de 12 à 16 …), éviter les éléments parasites surligner plutôt que souligner, ne pas justifier le texte, verbaliser, favoriser la mémorisation avec des cartes mentales et autres schémas…

Dysorthographie

Troubles de l’apprentissage de l’orthographe

Lenteur pour écrire, erreur d’orthographe, écriture peu lisible, évitement des activités d’écriture

Fournir des supports, évaluer le fond, réduire l’écrit, évaluer par QCM, laisser plus de temps pour les taches d’écriture, valoriser…

Dyscalculies

Troubles de l’apprentissage des mathématiques

Difficultés en calcul, pour comparer des quantités, mémoriser les tables additions et multiplication, dénombrer des éléments, résolution de problèmes, utiliser les proportions…

Donner les procédures de calcul, représentations visuelles d’une situation problème, s’assurer de la bonne compréhension, valoriser…

TDA/H

Troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité

Grand distractibilité (difficulté à se concentrer sur une tâche, une activité, par incapacité à filtrer les stimulus extérieurs), à soutenir son attention, se conformer aux consignes, à finir une tache, grande désorganisation, oublis fréquents, soutenir un effort dans la durée, agitation motrice excessive et sans contrôle, parle beaucoup, interrompt souvent, tendance à persévérer même si inefficace, difficulté à anticiper les conséquences de ses actions, à sélectionner ce qui est important

Eviter les distractions, attirer l’attention avant de parler, s’assurer de la bonne compréhension, éviter les doubles tâches, règles de fonctionnement claires et affichées, routines claires, prévenir avant un changement d’activité, commencer la tache après la lecture de la consigne, donner la parole le plus tôt possible…

 

Puis de mettre en œuvre, en fonction du repérage effectué, les quelques méthodes de compensations proposées ci-dessus.

Ceci étant, quelques difficultés peuvent être dépassées avec beaucoup de travail et de patience… c’est le rôle du référent handicap qui « prêche la bonne parole » auprès des équipes pédagogiques : ce qui favorise l’apprentissage d’un, favorise l’apprentissage de tous. Ainsi, parfois les méthodes de compensation peuvent suffire, mais pas toujours !

Quand parle-t-on de handicap ?

Lorsqu’aucune stratégie de compensation n’est efficace, lorsque le degré de difficulté est ingérable pour l’individu seul, le référent handicap pose alors le mot qui fait peur : le handicap.

Pourtant, tout commence lorsque la personne reconnait qu’elle n’arrive pas à gérer cette difficulté, qu’il ne s’agit plus de sa bonne volonté, ni celle de son entourage !

C’est alors qu’une démarche tant psychologique qu’administrative peut être entamée par la personne pour être reconnue comme personne ayant un handicap. La reconnaissance de travailleur handicapé peut n’être que temporaire ; le temps de s’adapter à son poste, le temps de mettre en place des stratégies de compensation efficace, le temps de passer un examen…

Il s’agit donc de se reconnaitre comme « Dys » puis de se faire connaitre auprès de son formateur, son employeur, son entourage, les services d’accompagnements (AGEFIPH : Association de GEstion de Fonds pour l’Insertion professionnelle des Personnes Handicapées) avant d’être reconnu comme travailleur handicapé.

Qu’apporte la reconnaissance de travailleur handicapé ?

A priori on serait tenté de dire que cette reconnaissance n’apporte que des aides, mais en réalité elle peut être une étape importante à l’acceptation de soi. Il s’agit de voir reconnaitre de façon institutionnelle sa difficulté et de ne plus se la voir reprocher, de ne plus (ou moins) subir de jugement. Enfin, il s’agit de co-construire son parcours d’insertion et d’associer le principal acteur d’insertion : l’entreprise.

La nouveauté ?

La nouveauté réside dans la possibilité de faire reconnaitre les troubles Dys comme un handicap et à ce titre de bénéficier de Prestation d’Appui Spécifique aux Troubles Cognitifs (PAS TCO). Ces prestations visent à aider la personne dans son parcours d’insertion professionnelle. Ces prestations sont au nombre de 5, sont ponctuelles et indépendantes les unes des autres.

Elles peuvent être prescrites par Cap emploi, Pôle emploi et les Missions locales.

Il ne reste plus qu’à….

Forts de ces nouvelles dispositions, le Pôle Santé Sécurité Ergonomie de Baillargues a entrepris de créer un contrat d’accompagnement spécifique pour chaque apprenant faisant part de « difficultés ». Il s’agira pour lui de participer à l’identification des stratégies de compensation à mettre en œuvre dans le cadre de son parcours de formation. Les stratégies seront formalisées dans le cadre d’un contrat qui fera l’objet d’un suivi lors de chaque réunion pédagogique. Les formateurs, informés de la mise en œuvre de la PAS TCO à compter de la rentrée de septembre 2019, veilleront à informer les employeurs des dispositions pédagogiques (stratégies de compensation) ainsi que des modalités d’aides auxquelles ils pourraient prétendre en soutenant l’intégration d’un alternant reconnu travailleur handicapé.

Pour aller plus loin :

Le site de la Fédération Française des Dys : http://www.ffdys.com/

Et plus particulièrement les brochures :

Plaquette PAS TCO exemple de la région Occitanie

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