LE DIABÈTE GESTATIONNEL, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Chaque grossesse s’accompagne de modifications hormonales qui conduisent à une petite résistance à l’insuline dès le 1er trimestre de grossesse. C’est physiologique et donc tout à fait normal.
Cependant, l’organisme devient plus sensible aux quantités de sucre consommées, diminue sa tolérance aux glucides et a davantage de difficultés à s’adapter, ce qui peut conduire des pics de glycémie.
Ainsi, il est primordial de surveiller son alimentation pendant toute la grossesse et de veiller à éviter les hyperglycémies plus ou moins sévères et les hypoglycémies réactionnelles.
Les risques de diabète gestationnel peuvent survenir au 2nd trimestre et davantage encore au 3ème trimestre.
LES COMPLICATIONS EVENTUELLES
Elles sont multiples :
- Pour la maman :
- Une fatigue accrue, une prise de poids mal contrôlée au cours de la grossesse, une hypertension artérielle, un risque cardio-vasculaire pouvant aller jusqu’à la prééclampsie tant redoutée, un accouchement déclenché en urgence, un risque plus fréquent de césarienne, une perte du fœtus in-utero.
- Pour le fœtus :
- S’il a un poids trop important, il risque de ne pas pouvoir naître par voies naturelles. Un bébé de plus de 4 kg à la naissance peut déclencher une hypoglycémie chez le nourrisson, provoquer un surpoids en grandissant, voire une obésité et un diabète de type 2 à l’âge adulte.
QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE ?
- Un IMC (Indice de Masse Corporelle) > 25 avant la grossesse
- Une grossesse après 35 ans
- Un précédent accouchement d’un bébé de plus de 4 kg
- Des antécédents de diabète (personnels ou familiaux)
- Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
COMMENT ADAPTER AU MIEUX SON HYGIÈNE DE VIE ?
En prévention ou avec un diabète gestationnel déclaré, il faudra travailler en parallèle l’alimentation, l’activité physique et la surveillance !
FAIRE ÉVOLUER SON ALIMENTATION
Les aliments les plus déclencheurs de variations de glycémie sont les sucreries, les desserts sucrés, les boissons sucrées, le pain blanc et les pâtes blanches, les céréales du petit-déjeuner et les viennoiseries.
Comment adapter votre alimentation sans vous priver ?
- Au petit-déjeuner, on évite les pics de glycémie :
- Les céréales du commerce sont bien souvent trop sucrées, optez pour des flocons d’avoine ou de seigle, avec des fruits frais en morceaux, des amandes. Côté viennoiseries, elles sont à éviter : le pain au lait reste la meilleure option.
- Limitez les jus de fruits, préférez-leur un fruit entier dont le sucre va passer plus doucement dans le sang (grâce aux fibres).
- Adoptez un petit-déjeuner riche en protéines, avec des œufs, du jambon, des amandes (entières ou sous forme de pâte à tartiner), du fromage ou des petits-suisses : un petit-déjeuner rassasiant, qui fera peu varier la glycémie et vous permettra de tenir sans fatigue jusqu’au déjeuner.
- Féculents : on limite ceux qui ont un fort pouvoir glycémiant !
- Remplacez le pain blanc et le pain de mie par du pain complet, du pain de seigle ou d’épeautre, le pain au levain naturel.
- Optez pour les pâtes, semoule et riz complets ou semi-complets.
- Testez le quinoa.
- Laissez de côté les sachets de riz et autres céréales précuits, ou à « cuisson rapide » qui ont un index glycémique trop élevé.
- Boissons : on chasse le fructose…
- Evitez les boissons sucrées de type soda : elles sont toutes extrêmement sucrées, très riches en fructose et particulièrement nocives pour du diabète.
- Les boissons édulcorées sont de fausses amies puisque les édulcorants intenses favorisent le diabète !
- Optez pour les eaux aromatisées maison (avec une rondelle de citron, des feuilles de menthe).
- Côté desserts, tout doux sur le sucre…
- Les yaourts sucrés ou aux fruits sont à éviter : mieux vaut opter pour un yaourt nature auquel vous ajouterez un fruit coupé ou une petite cuillerée de sucre de canne complet.
- Troquez la pâte à tartiner contre de la purée d’amande ou du beurre de cacahuète : il en existe même en version chocolatée et non sucrée.
- Préférez les gâteaux maison dont vous pouvez maîtriser les apports en sucre.
- Les petits instants plaisir sont à conserver, mais avec :
- Du chocolat à 70 % de cacao minimum
- Des graines oléagineuses à croquer en cas de petit creux : noix, noisettes, amandes
- Une touche sucrée apportée à vos desserts avec de la vanille (au goût naturellement sucré, sans ajout de sucre).
Les petits + qui changent tout…
- Privilégiez toujours les aliments entiers plutôt qu’en jus, compote ou en purée.
- Evitez de surcuire les aliments : préférez les pâtes al dente, les pommes de terre vapeur encore fermes, les légumes bien croquants.
- Consommez le lendemain les féculents refroidis : cela vous permettra de baisser naturellement leur index glycémique et apportera des prébiotiques à votre microbiote.
- Mangez des aliments sources de fibres en quantité suffisante :
- 500 g de fruits et de légumes par jour (en évitant les plus sucrés)
- Avec toujours plus de légumes que de fruits
- 3 à 4 portions de légumineuses par semaine (entières ou sous forme de houmous),
- Une poignée par jour de noix et autres graines
- En cas d’envie sucrée, consommez ces aliments toujours au cours d’un repas riche en protéines ou en fibres : le sucre passera plus lentement dans le sang.
SE REMETTRE EN MOUVEMENT
Sauf contre-indication médicale, la pratique d’une activité physique douce et adaptée à la grossesse est vivement conseillée. Elle va participer à la gestion de la glycémie.
- Les recommandations : 30 minutes d’activité physique ou sportive par jour.
- Quelques idées d’activités adaptées à la grossesse : la marche, la natation, le Pilates, la danse.
UNE SURVEILLANCE RENFORCÉE EN CAS DE DIABÈTE DECLARE
Si un diabète gestationnel vous a été diagnostiqué, un accompagnement personnalisé vous sera proposé tout au long de votre grossesse avec :
- Des tests de glycémie à jeun et après les repas (en auto-surveillance ou par une sage-femme)
- Des conseils personnalisés (alimentation, hygiène de vie)
- La possibilité de participer à des cours de cuisine et/ou de gymnastique adaptée
- Un éventuel traitement par insuline si le suivi des règles hygiéno-diététiques reste insuffisant.
Quelques liens utiles